Apprendre à entrer dans la joie

A une époque où le bonheur devient une norme obligatoire, on en  oublie la douceur de la joie.  La joie n’est pas une explosion intense d’émotion mais une stabilité douce qui permet de passer les périodes plus complexes de l’existence. 

Une remarque :  Si tu vas à la piscine, dehors il fait 32°C, la piscine est à… 28°C. Elle sera plus fraiche donc dehors il fait chaud et dedans il fait froid. Tu te baignes et là tu la trouves super bonne. Puis tu veux sortir et là il y a un peu d’air et paf, tu as froid et restes dans l’eau. A ce moment là donc, le dedans est chaud et le dehors est froid ? Comment ce changement peut-il être possible ? Car le froid ne vient pas du dedans ou du dehors mais du changement. Tout changement peut créer du froid intérieur, de là l’importance d’avoir un socle solide pour ne pas s’enrhumer au niveau de notre être.  Après tout la science le sait bien, si vous mettez la pression à une personne qui manque de chaleur alors elle fait une dépression pour pouvoir, par un choc fort, retrouver la chaleur.

Pour ne pas se noyer en période de tension ou de complication, il est bon d’avoir une ligne de flottaison au bon niveau sur le bateau de notre existence.  Pour solidifier la coque de notre bateau interne, il est peut-être utile de faire des compartiments pour que, si une fuite arrive, tout le bateau ne prenne pas l’eau.

 Pour cela nous pouvons voir 4 compartiments séparés qui peuvent structurer notre être et nous servir comme pilier stable en cas de tempête. 

Le premier soutiendra ce qui se rapporte à nos croyances (de Dieu,  de la Vie, d’une philosophie qui nous structure telle que l’épicurisme ou simplement de l’instinct de survie)

Le deuxième soutiendra ce qui se rapporte à la famille ou les amis. Tout ce qui se rapporte au relationnel face, par exemple, au sentiment de solitude que l’on peut ressentir.

Le troisième, ce qui se rapporte à nos valeurs.  Ce compartiment représente ce qui structure notre rapport au monde, nos actions possibles ou impossibles pour nous même. Ce qui nous empêche de faire n’importe quoi.

Le quatrième soutiendra ce qui se rapporte à notre cerveau, à notre raison.  Pour relativiser face à certaines situations où il nous arrive de nous laisser emporter par nos émotions, alors que notre expérience nous donne des raisons pour se calmer et voir la situation différemment.  

L’existence, de par de multiples facteurs, nous apportera toujours des désagréments, voire des problèmes. C’est pour cela que connaitre nos parties fortes intérieures, pour pouvoir trouver de l’oxygène face aux troubles de l’existence qui peuvent fragiliser d’autres parties, peut être efficace pour prévenir la fuite. Si choc il y a, il peut être alors conseillé de voir un professionnel pour renforcer tout notre bateau, de la coque au capitaine.

 L’adversité, les troubles de la vie ne sont pas là pour nous écrouler et bousiller notre vision mais sont là pour muscler notre force intérieure, pour nous permettre de trouver une paix de plus en plus profonde.

Mais que signifie alors être en paix ?

Cheminer vers la paix passe par différentes portes à ouvrir pour traverser le chemin qui nous y mène. En voici quelques-unes.

La première porte se nomme la vulnérabilité. C’est accepter pleinement que nous ne sommes pas tout puissant, accepter notre juste place pour supprimer toutes tensions créées par une frustration de toute puissance non assouvie. L’enfer ne serait-il pas au final le degré de frustration de ne pas pouvoir combler nos manques ? Du coup accepter notre vulnérabilité serait réussir à sortir de notre enfer interne.

La deuxième porte se nomme le discernement : Savoir avancer vers notre justice intérieure. Cela peut se diviser en deux parties : le discernement face à soi et face aux autres. Il arrive que nous rencontrions des personnes qui peuvent être dans la fusion, ce qui est caractérisé par le mélange de deux identités.  D’autres personnes peuvent être dans la confusion des rôles ou de la place de chacun (on trouve par exemple ici le rôle de sauveur de l’analyse transactionnelle), lié à cela une idée de réparation dont on se croit à tort responsable, peut venir compliquer les relations. L’emprise d’une personne sur une autre peut ajouter à cette liste créée des cas de figure où on peut sentir la personne intrusive et être à une place qui n’est pas la sienne. Dans ces moments-là, le discernement est important pour recadrer les relations vers un cadre plus sain.  La deuxième partie a trait aux différentes manières dont on peut être intrusif face à soi-même sans se respecter ou en n’écoutant pas ses propres besoins.

La troisième porte se nomme la disponibilité. En lien avec la porte passée précédemment, être disponible pour les autres permet de se sentir utile, de créer une relation forte et stable dans un élan de réciprocité avec notre entourage.

La quatrième porte, en lien aussi avec celle d’avant, se nomme le don.  Donner sans attendre une réciprocité autre que faire plaisir apporte de la joie et augmente la douceur de l’existence. Ce don peut être autant matériel qu’immatériel, mais n’oublions pas que parfois, c’est dans la simplicité que les plus beaux dons se font.

La cinquième porte, une fois cette belle étape passée, se nomme la contemplation.  Savoir voir la beauté et être dans la gratitude de tout ce qui peut nous sembler « normal » ou naturel apporte de la douceur de vivre et enchante notre existence au quotidien.

Toutes ces portes nous apprennent à être aligné, c’est-à-dire à ne pas faire résistance, ni à notre lumière interne, ni à la lumière sociale qui peut porter un élan de poésie, une harmonie sociale, en y voyant toute la beauté dans la simplicité de l’existence et des beautés qui nous entourent dont on ne porte plus attention et conscience.