Réflexions sociale

Réflexions sociale

Réflexion sociale

 

Le mythe, qui a structuré notre cosmologie depuis la révolution industrielle, promettait la disparition des maladies, la diffusion de la culture, les machines prendront en charge les tâches qui jusqu’à présent asservissent les populations. Or, ce mythe ne tient plus. La croissance produit destruction écologique. La rationalité instrumentale produit aliénation. Le travail produit l’épuisement. La maîtrise technique produit vulnérabilité. Le récit s’est fissuré.

 

Ce n’est pas d’une simple crise administrative ou institutionnelle dont nous souffrons, mais d’une crise cosmologique, une rupture de l’architecture symbolique qui donnait cohérence à l’expérience moderne. Cette architecture symbolique écrasée laisse place à un vide narratif dont les conséquences politiques sont majeures. Parallèlement, les narrations sont calibrées pour être immédiatement accessibles, émotionnellement prévisibles et reproductibles. L’altérité radicale est neutralisée. Le capitalisme attentionnel poursuit cette fragmentation : il capture et oriente notre attention, accélère nos rythmes cognitifs, réduit notre profondeur réflexive, nous empêche de maintenir une continuité narrative intérieure. La subjectivité elle-même se fragmente.

 

Pire encore, le système a démontré une remarquable capacité à intégrer les critiques pour se réinventer. Les notions de coopération, de créativité, de sens, initialement critiques, sont réinvesties dans des logiques marchandes. Cette crise symbolique s’enracine aussi dans la séparation du corps et de la Terre. La rationalité instrumentale a coupé l’humain de son corps et de sa nature biologique. Le corps humain est devenu un instrument secondaire au service de la production, tandis que la Terre est traitée comme un simple réservoir de ressources exploitables. L’humain s’est progressivement « dé-naturé », au point de devenir hors sol, vivant dans un environnement lui-même désincarné.

 

De nos jours, la notion de crise n’est donc plus suffisante. Il s’agit de métamorphoses structurelles dans les différents niveaux d’organisation de la vie : philosophique, économique, politique, culturelle, voire anthropologique. Ce n’est pas d’alternatives dont nous avons besoin au sens traditionnel, mais de penser de façon alternative les alternatives existantes. C’est dans cet interstice que se situe la véritable transformation. Dans une écologie des récits : une pratique modeste, située, essentielle. Cette pratique ne cherche pas à imposer une cohérence abstraite, mais à tisser des liens entre des expériences singulières. Elle crée des passages, des traductions, des résonances. Elle permet à des fragments d’expériences de devenir partageables sans être homogénéisés.

 

Ce site ne produit pas de contenu supplémentaire ; il réactive la capacité à relier. Il ne répond pas à la question « quel récit ? » mais à une question plus fondamentale : « Comment rendre possible du commun ? » La crise écologique, finalement, est la crise d’une culture qui a perdu le sens du symbolique dans ce monde. Entre l’homogénéisation du grand récit moderne et la fragmentation sans fin, aucun équilibre stable n’est encore trouvé. C’est dans cette instabilité que se joue notre condition contemporaine. Alors pour reprendre les mots d’Abdennour Bidar : Qui aura donc assez d’imagination pour ne pas se contenter seulement de prononcer notre condamnation ?

La poésie est un don précieux qui transforme le rugueux, en étincelle de vie.

Ne la limitait point aux seuls écrivains. Rendons nos vies et nos relations irénique, pour gouter, la saveur d'une existence poétique.

Réflexion de l’être

Réflexion de l'être

Réflexion de l’être

 

Comme le disait en son temps Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »  De nos jours, les problèmes écologiques, civilisationnels, structuraux, sont la manifestation d’une “psychopathologie” collective cachée dans la normalité. Comme le souligne si justement Jean-Philippe Pierron, Notre rapport au monde est une sorte de réquisition du monde, qui vaut aussi bien pour la nature, que pour les relations sociales, voire pour soi-même. Cette situation est le fruit d’un déracinement qui s’est produit à travers l’évolution des sociétés. Ce processus historique, civilisationnel, a généré une conception désenchantée de la nature et de l’être humain dont nous héritons. Cette pensée dualiste, compartimentée, nous empêche de nous concevoir comme faisant partie du monde, nous incitant plutôt à nous vivre dans un rapport d’extériorité instrumentale à ce qui nous entoure. Il devient donc indispensable de repenser en profondeur le tissage et l’interconnexion entre la place des Terrestres et de la métaphysique, de ce qui fait lien entre soi et le vivant en occident à notre époque.

 

Ajoutons à cela un des drames politique actuel, qui vient du fait que l’humain surestime souvent ce qu’il peut faire à court terme et sous estime ce qu’il peut faire à long terme. Apprenons à maintenir la tension entre le sens, la révolte et celui de la beauté sans chercher à réduire l’un à l’autre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il faut être lucide sur la condition humaine pour avoir la foi en celle-ci. Il faut s’être rendu compte du drame qu’elle traverse au point de se décider à agir. D’où la profondeur de l’émerveillement. Il y a derrière son apparente simplicité une science immense : la science de l’art du vivant. Je citerais pour finir Edgar Morin : « Le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne. »

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Remarques

Très souvent, faute de les avoir suffisamment identifiées, l’humain propose des remèdes inefficaces ou inapplicables, car contradictoires, notre esprit restant dépendant de conception dont nous déplorons les effets. Ce site invite donc à se questionner sur le cadre idéologique qui influence notre relation avec le monde, les autres et nous-même. La lecture philosophique et poétique est une lecture progressive, sur laquelle on reviendra et où il est normal de ne pas tout comprendre immédiatement.

L’objectif ici n’est nullement de vous convaincre ou vous faire croire quoi que ce soit, juste de vous partager une vision. Pour paraphraser le philosophe Denis Moreau : Si par dogmatique, vous entendez, comme y invite l’étymologie, celui qui estime que la vérité existe, que sa connaissance est possible et qu’il faut s’attacher à défendre ce qu’on croit vrai, oui, je l’admets : je suis dogmatique. Mais un dogmatique qui essaie de ne pas oublier qu’être convaincu de l’existence de la vérité n’équivaut pas à être assuré qu’on la possède ; que la vérité est, justement, moins quelque chose qu’on possède ; à la façon d’un objet, qu’un horizon qu’on vise ; qu’on se rapproche mieux de cet horizon en croisant avec patience et respect différents points de vue qu’en assénant des certitudes vite admises. Il faut se méfier des personnes qui sont trop sûre de posséder la vérité, mais aussi de celle qui ont renoncé à la chercher. Ma démarche est donc de tendre des fils sans imposer le motif, offrir sa couleur sans teindre les autres, déposer sa vision du monde comme on pose une fenêtre ouverte, non pour dire voilà le seul paysage, mais pour donner envie de regarder au loin, tisser des liens assez solides pour porter, et assez souples pour laisser chaque main inventer son propre dessin, sa propre façon d’habiter le monde.  

le créateur du site

Psychosociologue, il rassemble ici ses sources et ses réflexions. Il questionne les évidences des pensées politiques grâce aux sciences humaines, afin d'interroger le contexte occidental en explorant des voies poétiques plus harmonieuses et pacifiques.

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