Réflexions sociale

Au début du 20e siècle, les nouvelles découvertes technologiques enthousiasment les penseurs du monde qui commencent à imaginer un avenir cosmopolite radieux grâce à l’avancée de la raison. Disparition future des maladies, démocratisation de la culture. Les machines se chargeront des travaux qui jusqu’ici asservissent les peuples. La Science répondra à toutes nos questions, résoudra tous nos problèmes… On en vint ainsi à oublier certaines notions fondamentales dont une particulière : l’imprévu. On laissa de côté le réel, fait d’organique, de chaotique, de cet autre incontrôlable.
Ainsi, les transformations de nos sociétés, suite au développement des techno-sciences, à l’explosion urbaine, à l’essor de la société technocratique, à une crise du politique et une modernité fleurissante, pour ne citer qu’eux, nous contraignent à réinterroger la majorité de nos certitudes.
Aujourd’hui, les concepts de crise et de malaise (dans la civilisation) sont insuffisants pour rendre compte du niveau de bouleversements auxquels nous avons affaire. Ce qui arrive et se prépare depuis quelques décennies comme le souligne R. Kaës, est d’une autre échelle, d’une autre consistance que les crises qui déjà ont ponctué l’histoire de l’humanité. Nous ne sommes pas seulement confrontés à des crises multiples et interférentes, mais à des métamorphoses, c’est à dire à des changements structuraux et processuels dans les divers niveaux d’organisation de la vie : psychique, sociale, économique, culturelle.
De fait cette partie du site a une approche à 3 niveaux qui sont : repenser le rapport social entre les gens, repenser notre rapport à la nature et enfin, repenser les conceptions mentales du monde, regroupant des savoirs, des grilles d’interprétations culturelles et des croyances. 

 

 

La véritable poésie est une qualité de la vie intérieure. Alors, désormais, cessez d'abandonner la poésie aux poètes qui l'écrivent. C'est la vie que vous menez qui doit être poétique.

Réflexion de l’être

Lorsque j’ai commencé à observer les relations à la fois sociales et individuelles, j’ai compris qu’il ne suffisait pas d’observer des événements distincts, de la vie de chacun, comme de la société pour comprendre les troubles et souffrances contemporains. J’ai donc fixé mon attention sur les processus psychiques et sociaux, qui amènent des souffrances personnelles, autant que collectives, sous forme de crises sociales, écologiques… Il m’est ainsi clairement apparu qu’au lieu de se concentrer sur une multitude d’événements, plus ou moins complexe et hétéroclites, il me valait mieux mettre l’accent sur le sens posé sur la société et sur l’humain. De repenser en profondeur la place des Terrestres (selon Bruno Latour), de la métaphysique, de ce qui fait lien en occident à notre époque. De partir du principe qu’avoir une meilleure compréhension du cadre culturel occidental, aide à s’en libérer, ou tout du moins à faire un pas de côté. Pour reprendre les propos de Boaventura de Sousa Santos « Ce n’est pas d’alternatives dont nous avons besoin mais de penser de façon alternative les alternatives existantes ».  Dans cette dynamique, Arturo Escobar s’inscrit dans le tournant ontologique qui a marqué l’anthropologie du début du XXIe. Cette évolution problématise la séparation entre nature et culture qui est à la base de l’ontologie moderniste – occidentale qui s’est imposé dans le monde entier par la coercition ou l’hégémonie culturelle. Cette pensée dualiste qui sépare corps et esprit, émotion et raison, sauvage et civilisé, nature et culture, humain et non-humain en les hiérarchisant, nous empêche de nous concevoir comme faisant partie du monde, nous incitant plutôt à nous vivre dans un rapport d’extériorité instrumentale à ce qui nous entoure. 

 

La poésie peut se définir comme l'expression de l'être. Or qu'en est-il aujourd'hui de la "demeure de l'être" ? Le langage n'est-il pas en train de s'appauvrir sous les coups de boutoir de la pensée pratique (Mètis) aidé par "Le bon sens", grand pourvoyeur d'images stéréotypées ? Il est temps aux philosophes, aux poètes, de résister et d'empêcher que la maison ne tombe en ruine. Ensemble pansons le présent pour mieux penser l'avenir.

Articles à découvrir

Remarque

«Il faut une grande maturité pour comprendre que l’opinion que nous défendons n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, probablement transitoire, que seuls les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité.»  Milan Kundera.

 

La lecture philosophique est une lecture qui se rumine tranquillement, sur laquelle on a envie de revenir, ne pas tout comprendre dans l’instant et s’armer de patience, est quelque part, une forme de norme qui pour être frustrante peut vite devenir le signe que les problématiques abordés étant complexe, on ne les épuisera pas immédiatement, mais on y repensera à la lumière de nos expériences et de nos autres lectures. C’est dans cette optique là que ce site est conçu. Ce site est sans publicité ni pistage.

 

Sellan

Sellan est clinicien. Il a créé le site poesie-sociale.fr, regroupant ses différentes sources d’information et de réflexions qu’il nourrit, tout en participant à des laboratoires sociaux, lieux de rencontre et débat d’idées. Ces différentes expériences de terrain, les rencontres avec ses patients, et sa propre expérience de vie, nourrissent ce site, qui tente de regrouper et résumer ses réflexions de ses dernières années.

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