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Réflexions sociale

Au début du 20e siècle, les nouvelles découvertes technologiques enthousiasment les penseurs du monde qui commencent à imaginer un avenir radieux, fin d’une époque obscure, grâce à l’avancée de la raison. Disparition future des maladies, meilleur contrôle de la nature, démocratisation de la culture. Les machines se chargeront des travaux qui jusqu’ici asservissent les peuples. La Science répondra à toutes nos questions, résoudra tous nos problèmes… On en vint ainsi à oublier certaines notions fondamentales dont une particulière : l’imprévu. A force d’idéaliser un monde lumineux, et de tenter de remplir les trous structurant la société grâce à ces nombreuses avancées, on en oublia l’essentiel. On laissa de côté le réel, fait d’organique, de passion, d’accident, de cet autre incontrôlable. Petit à petit, ces faits commencèrent à refaire surface, entraînant une mutation dans la civilisation occidentale. 

Ainsi, les transformations de nos sociétés, suite au développement des techno-sciences, à l’explosion urbaine, à l’essor du néolibéralisme, à une crise du politique et une modernité fleurissante, pour ne citer qu’eux, nous contraignent à réinterroger la majorité de nos certitudes. Aujourd’hui, les concepts de crise et de malaise (dans la civilisation) sont insuffisants pour rendre compte du niveau de bouleversements auxquels nous avons affaire. Ce qui arrive et se prépare depuis quelques décennies comme le souligne R. Kaës, est d’une autre échelle, d’une autre consistance que les crises qui déjà ont ponctué l’histoire de l’humanité. Et il n’est ni juste ni rassurant de dire que tout ce qui arrive est déjà arrivé. Nous ne sommes pas seulement confrontés à des crises multiples et interférentes, mais à des mutations, c’est à dire à des changements structuraux et processuels dans les divers niveaux d’organisation de la vie : psychique, sociale, économique, culturelle. 

" la véritable poésie est une qualité de la vie intérieure. Alors, désormais, cessez d'abandonner la poésie aux poètes qui l'écrivent. C'est la vie que vous menez qui doit être poétique."

Réflexion de l’être

     Lorsque j’ai commencé à observer les relations humaines, à analyser la vision que l’on a de l’individu et de la société, j’ai remarqué une répercussion sur le bien-être social et personnel. J’ai compris qu’il ne suffisait pas, pour aider le monde et les gens, d’observer des évènements distincts, de la vie de chacun, comme de la société. J’ai fixé mon attention sur le processus psychique, qui amène des souffrances personnelles, ainsi que collective sous forme de crises sociales. Il m’est alors clairement apparu qu’au lieu de se concentrer sur une multitude d’évènements, plus ou moins complexe et hétéroclites, il me valait mieux mettre l’accent sur le sens posé sur la société et sur l’humain. D’en dessiner une carte mentale pour voir les impasses qui pouvaient dès lors, en ressortir. Partant du principe qu’avoir une meilleure compréhension du cadre culturel occidental, aide à s’en libérer, ou tout du moins à faire un pas de côté.

Lorsque le consommateur s'éclate pour jouir, le poète se recueil pour accueillir. Le poète chante l'être. Ancrée dans la contemplation, la pensée méditative. La poésie se définit comme l'expression de l'être. Or qu'en est-il aujourd'hui de la "demeure de l'être" ? Le langage n'est-il pas en train de s'appauvrir sous les coups de boutoir de la pensée pratique (Mètis) aidée par la "pensée unique", grande pourvoyeuse d'images stéréotypées ? C'est alors au poète de résister et d'empêcher que la maison ne tombe en ruine. 

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Remarque

«Il faut une grande maturité pour comprendre que l’opinion que nous défendons n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, probablement transitoire, que seuls les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité.»  Milan Kundera.

Sellan

Sellan est clinicien. Il a créé le site poesie-sociale.fr, regroupant ses différentes sources d’information et de réflexions qu’il nourrit, tout en participant à des laboratoires sociaux, lieux de rencontre et débat d’idées. Ces différentes expériences de terrain, les rencontres avec ses patients, et sa propre expérience de vie, nourrissent ce site, qui tente de regrouper et résumer ses réflexions de ses 17 dernières années.

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