Penser une théorie systémique co-révolutionnaire

Même si rien n’est sûr, il est vraisemblable que 2009 marquera le début d’un long réveil dans lequel la question des alternatives au capitalisme, radicales et de grande ampleur, refera progressivement surface à un endroit ou un autre de la planète. Plus l’incertitude et la misère se prolongent, plus la légitimité des formes existantes de l’activité économique sera remise en cause et plus se renforcera l’exigence de construction de quelque chose d’autre.

Le problème central est qu’au total, il n’y a pas de mouvement anticapitaliste résolu et suffisamment unifié en mesure de mettre en cause le règne de la classe capitaliste et la perpétuation de son pouvoir sur la scène mondiale. Il n’y a pas non plus une manière évidente de s’attaquer aux bastions des privilèges des élites capitalistes ou de juguler leur puissance d’argent comme leur puissance militaire. S’il existe des ouvertures vers un autre ordre social, nul ne peut vraiment dire ce qu’il est ni où il se trouve. Mais l’absence de force politique capable d’articuler un tel programme (et à plus forte raison, de le mettre en œuvre), n’est pas une raison pour s’interdire de commencer à envisager des alternatives.

Il y a un double blocage : le manque de vision alternative fait obstacle à la formation d’un mouvement d’opposition et l’absence d’un tel mouvement empêche l’énonciation d’une alternative. Alors comment dépasser ce blocage ? Le rapport entre la vision de ce qu’il faut faire et de son pourquoi, et la formation d’un mouvement politique implanté dans une diversité de lieux, à même de remplir cette tâche, doit être pensé en spirale. Il doit y avoir renforcement mutuel si l’on veut arriver à accomplir quelque chose.

Pour une théorie « co-révolutionnaire »

Une orientation politique révolutionnaire qui ne craint pas de s’attaquer à l’accumulation sans fin du capital pour remettre en cause son rôle de moteur fondamental de l’histoire de l’humanité, doit disposer d’une compréhension fine des logiques du changement social. Les échecs des tentatives passées doivent être évités et il faut tirer les leçons de cette histoire extrêmement compliquée. Dans le même temps, il faut reconnaître l’absolue nécessité d’un mouvement anticapitaliste révolutionnaire cohérent. L’objectif fondamental de ce mouvement est de prendre en charge le contrôle social tant de la production que de la distribution des excédents. Il nous faut d’urgence une théorie révolutionnaire explicite adaptée à notre époque.

Je propose de parler d’une « théorie co-révolutionnaire » dérivée d’une interprétation de l’analyse que fait Marx de la manière dont le capitalisme naît du féodalisme. Le changement social s’accomplit dans un déploiement dialectique de rapports entre sept moments internes au corps politique du capitalisme compris comme ensemble, ou assemblage, d’activités et de pratiques :

(a) les formes technologiques et organisationnelles de production, d’échange et de consommation

(b) les rapports à la nature

(c) les rapports sociaux entre les gens

(d) les conceptions mentales du monde, regroupant des savoirs et des grilles d’interprétations culturelles et des croyances

(e) des procès de travail et de production de biens spécifiques, de géographies, de services ou d’affects

(f) des agencements institutionnels, légaux et gouvernementaux

(g) l’encadrement de la vie quotidienne qui sous-tend la reproduction sociale.

Chacun de ces moments a sa dynamique interne et est porteur de tensions et de contradictions internes (il suffit de penser aux représentation mentales du monde) mais tous sont co-dépendants et co-évoluent en interaction les uns avec les autres. La transition vers le capitalisme s’est faite par le mouvement de soutien mutuel de l’ensemble de ces sept moments. De nouvelles technologies et de nouvelles pratiques ne pouvaient être identifiées sans une nouvelle représentation mentale du monde (comprenant la conception du rapport à la nature et des rapports sociaux). Les théoriciens du social ont l’habitude de ne prendre qu’un seul de ces moments pour y voir la clé ultime de tout changement. Que ce soit les représentants du déterminisme technologique (Tom Friedman), les déterministes environnementaux (Jarad Diamond), les déterministes de la vie quotidienne (Paul Hawkin), les déterministes du procès de travail (les autonomistas), les institutionnalistes, et ainsi de suite, tous se trompent. Ce qui compte, c’est le mouvement dialectique propre à l’ensemble de tous ces moments, malgré le développement inégal inscrit dans ce mouvement même.

Un mouvement politique anticapitaliste peut commencer n’importe où, dans le procès de travail, dans les conceptions mentales, dans le rapport à la nature, dans les rapports sociaux, dans l’élaboration de technologies et de formes organisationnelles révolutionnaires, à partir de la vie quotidienne ou dans des tentatives de reformer des structures institutionnelles et administratives incluant la reconfiguration des pouvoirs d’Etat. Le tout est de s’assurer que le mouvement politique circule d’un moment à l’autre dans une dynamique de renforcement mutuel. Les tentatives antérieures de créer une alternative communiste ou socialiste ont été incapables de maintenir en mouvement cette dialectique entre les divers moments et d’englober les dimensions d’imprévisibilité et d’incertitude propres à ce mouvement dialectique entre les moments. Le capitalisme a survécu précisément en maintenant ce mouvement dialectique entre les divers moments et en englobant de manière constructive les tensions inévitables, y compris les crises, qui en résultent.

Construire des alliances transversales

Un mouvement anticapitaliste doit être beaucoup plus étendu que les groupes mobilisés sur les questions des rapports sociaux ou sur les questions de la vie quotidienne en elles-mêmes. Les défiances traditionnelles entre, par exemple, les détenteurs d’expertises techniques, scientifiques et administratives et les animateurs des mouvements sociaux sur le terrain, doivent être pensées et surmontées. Nous avons maintenant sous la main, avec le mouvement contre le changement climatique, un exemple significatif de la manière dont ces alliances peuvent commencer à se faire.

Dans ce cas précis, le rapport à la nature est le point de départ, mais tout le monde comprend qu’il doit avoir une répercussion sur tous les autres moments et même si certains entretiennent l’illusion d’une solution purement technologique au problème, il devient de plus en plus évident chaque jour que sont impliqués la vie quotidienne, les conceptions mentales, les configurations institutionnelles, les procès de production et les rapports sociaux. Tout ceci passe donc par un mouvement de restructuration de la société capitaliste comme totalité et par la confrontation à la logique de croissance à la base même du problème.

Dans tout mouvement de transition, cela dit, il doit y avoir un ensemble d’objectifs communs faisant à peu près consensus. Certaines normes directrices peuvent être énoncées. Elles pourraient comprendre (j’avance ces propositions au simple titre de contribution à la discussion) le respect de la nature, l’égalitarisme radical dans les rapports sociaux, des configurations institutionnelles basées sur un principe d’intérêts communs et de propriété commune, des procédures administratives démocratiques (par opposition avec les impostures monétisées qui ont cours aujourd’hui), des procès de travail gérés par les producteurs directs eux-mêmes, une vie quotidienne comme exploration libre de nouveaux genres de rapports sociaux et de manière de mener sa vie, des conceptions mentales centrées sur la réalisation de soi au service des autres et des innovations technologiques et organisationnelles orientées vers la poursuite du bien commun plutôt que vers le soutien au pouvoir militarisé, à la surveillance et à la rapacité entrepreneuriale. Ce pourraient être les axes co-révolutionnaires autour desquels pourrait converger et s’articuler l’intervention sociale.

La force matérielle des idées

C’est utopique, évidemment ! Et alors ? Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas l’être. Les idées produisent des effets et les idées fausses peuvent se révéler dévastatrices. Il nous faut de nouvelles conceptions mentales pour comprendre le monde. Quelles peuvent-elles être et qui les produira, compte tenu du malaise sociologique et intellectuel entourant la production et plus généralement (mais de manière tout aussi importante) la diffusion du savoir ?

 Les conceptions mentales profondément intériorisées et associées aux théories néolibérales, à la néolibéralisation et au tournant vers l’université-entreprise et les média-entreprises ont joué un rôle tout à fait significatif dans la production de la crise actuelle. Par exemple, toute la question de ce qu’il faut faire du système financier, du secteur bancaire, du rapport Etat-finance et du pouvoir des droits de propriété privée, ne peut être envisagée sans sortir de la boîte à idées reçues. Il en va d’une révolution dans la pensée à des niveaux aussi divers que l’université, les média, le gouvernement, comme à l’intérieur des institutions financières elles-mêmes.

Bien qu’aucunement disposé à promouvoir l’idéalisme philosophique, Karl Marx estimait que les idées étaient une force matérielle dans l’histoire. Les conceptions mentales sont, après tout, l’un des sept moments de cette théorie générale du changement co-révolutionnaire. Les développements autonomes et les conflits internes visant à déterminer quelles conceptions mentales doivent devenir hégémoniques ont, par conséquent, un important rôle historique à jouer.

 

Les divers courants de pensée dans la gauche

 

Il existe aujourd’hui un grand nombre d’organisations non-gouvernementales (ONG) jouant un rôle politique à peine visible avant le milieu des années 1970. Financées à la fois par l’Etat et par le privé, intégrant souvent des organisateurs et des penseurs idéalistes (elles constituent un vaste programme d’emploi), et le plus souvent consacrées à des questions spécifiques (l’environnement, la pauvreté, les droits des femmes, la lutte contre l’esclavage et les trafics humains, etc.), elles évitent le terrain politique de l’anticapitalisme malgré leur adhésion à des causes et à des idées progressistes. Dans certains cas, cela dit, elles sont activement néolibérales, participent à la privatisation de fonctions de l’Etat providence ou encouragent des réformes institutionnelles propres à faciliter l’entrée dans le marché de populations marginalisées (les programmes de micro-finances et de microcrédits destinés aux populations à faibles revenus en sont l’exemple même).

Les radicaux et les militants sincères se retrouvent dans ce monde des ONG, mais leur action, au mieux, se limite à améliorer l’existant. Collectivement, le bilan de leurs réalisations est inégal, bien que dans certains domaines, tels que les droits des femmes, la santé et la protection environnementale, ils peuvent raisonnablement se prévaloir d’une contribution majeure à l’amélioration des conditions de vie. Mais la transformation révolutionnaire par les ONG est impossible. Elles sont bien trop à la merci des postures politiques et programmatiques de leurs donateurs. Par conséquent, même si, en aidant à retrouver un pouvoir de décision à échelle locale, elles contribuent à ouvrir des espaces dans lesquels des alternatives anticapitalistes deviennent possibles, voire, soutiennent l’expérimentation de ces alternatives, elles ne font rien pour empêcher la récupération de ces alternatives dans la pratique capitaliste dominante, et pour tout dire, elles l’encouragent. Le pouvoir collectif des ONG, à l’heure actuelle, s’illustre dans le rôle dominant qu’elles jouent au sein du Forum social mondial où les tentatives pour forger un mouvement pour la justice globale, une alternative globale au néolibéralisme, se sont concentrés ces dix dernières années.

 

Une deuxième mouvance oppositionnelle vient des anarchistes, des autonomistes et des organisations populaires locales qui refusent tout financement extérieur même lorsque certaines de ces forces continuent de s’appuyer sur une base institutionnelle alternative. Ce groupe est loin d’être homogène (on pense d’ailleurs aux âpres polémiques qui opposent, par exemple, les anarchistes sociaux à ceux qu’ils accusent de réduire l’anarchisme à un simple « style de vie » [lifestyle anarchists]). S’y exprime cependant une antipathie commune pour la négociation avec le pouvoir d’Etat et un attachement à la société civile comme sphère où le changement est possible. Les capacités auto-organisatrices des gens dans leurs situations quotidiennes doivent être le point de départ de toute alternative anticapitaliste. Leur mode d’organisation favori est la mise en réseau horizontale. La forme d’économie politique qu’ils préfèrent est ce que l’on a maintenant coutume d’appeler les « économies solidaires » basées sur le troc, les collectifs et les systèmes de production locale. Ils se distinguent par leur opposition de l’idée qu’une direction centrale, quelle qu’elle soit, puisse être nécessaire et rejettent les rapports sociaux hiérarchisés ou les structures de pouvoir hiérarchisées ainsi que les partis politiques conventionnels. Ce genre d’organisation existe partout et dans certains cas, elles sont parvenues à s’assurer une visibilité politique de premier plan. Certaines sont sur un registre radicalement anticapitaliste et adhèrent à des objectifs révolutionnaires, et dans certains cas, vont jusqu’à défendre le sabotage entre autres formes d’actions.

Mais l’efficacité de tous ces mouvements (indépendamment de leur frange plus violente) est limitée par leur réticence et leur incapacité à convertir leur militantisme en forme organisationnelle à large échelle, à même de se confronter à des problèmes globaux. Les présupposés selon lesquels le local est le seul niveau d’intervention valable et que tout ce qui ressemble à de la hiérarchie est forcément contre-révolutionnaire mettent les uns et les autres dans l’impasse dès qu’il s’agit d’aborder des enjeux plus généraux. Il demeure que de tels mouvements constituent indiscutablement une large base d’expérimentation pour une orientation politique anticapitaliste.

 

Une troisième grande tendance vient des transformations des organisations du monde du travail et les partis politiques de gauche, des filiations sociale-démocrates jusqu’aux formes trotskistes et communistes d’organisation de partis politiques. Cette tendance n’est pas hostile à la conquête du pouvoir d’Etat ou aux formes d’organisation hiérarchisées. Elle considère d’ailleurs ces dernières comme nécessaires à l’intégration de l’organisation politique entre diverses échelles politiques. Du temps où la sociale-démocratie était hégémonique en Europe et influente aux Etats-Unis même, le contrôle étatique de la distribution des excédents était devenu l’instrument décisif de réduction des inégalités. Le fait de ne pas avoir pris le contrôle social de la production des excédents et donc, de ne pas s’être réellement attaqué au pouvoir de la classe capitaliste, fut le talon d’Achille de ce système politique, mais nous ne devrions pas oublier les avancées qu’il réalisa, même s’il ne peut suffire aujourd’hui, à l’évidence, de revenir à un tel modèle politique, entre discours du bien-être social [welfarism] et keynésianisme économique.

Tant les organisations du monde du travail que les partis politiques de gauche ont subi de forts contrecoups dans le monde capitaliste au cours des trente dernières années. Les uns et les autres se sont laissés convaincre ou ont été contraints d’apporter un soutien large à la néolibéralisation tout en lui maintenant un visage un peu plus humain.

 

La quatrième grande mouvance est celle que forment tous les mouvements sociaux qui ne sont pas tant guidés par telle ou telle philosophie politique ou orientation que par le besoin pragmatique de résister au déplacement et à la dépossession (entraînée par la gentrification, le développement industriel, la construction de barrages, la privatisation de l’eau, le démantèlement des services sociaux et de l’accès à l’éducation publique, entre autres). Cela passe par une attention particulière portée à la vie quotidienne dans la ville (grande et petite), dans le village, ou tout autre cadre fournissant la base matérielle à l’activité politique contre les menaces que les politiques étatiques et les intérêts capitalistes font invariablement peser sur des populations vulnérables. Ces formes de contestations politiques sont massives.

Là encore, il y a un large éventail de mouvements sociaux de ce type, certains pouvant se radicaliser au fil d’une prise de conscience que les problèmes sont d’ordre systémique plutôt que particulier et local. Le rapprochement de tels mouvements sociaux dans des alliances pour la terre (par exemple, Via Campesina, le mouvement des sans terre au Brésil, ou les mobilisations paysannes contre le pillage des terres et des ressources par les grandes entreprises capitalistes en Inde) ou dans des contextes urbains (le droit à la ville et les mouvements de repossession de la terre au Brésil et maintenant aux Etats-Unis) montrent que la voie peut être ouverte aux alliances larges pour débattre et s’attaquer aux forces systémiques qui produisent ici de la gentrification, là une construction de barrage, à tel autre endroit, des privatisations, etc. Plus pragmatiques qu’idéologiquement orientés, ces mouvements, à partir de leur propre expérience, peuvent néanmoins parvenir à des interprétations systémiques. Dès lors que nombre d’entre eux sont présents au même endroit – dans la grande ville, par exemple – ils peuvent (comme on imagine que ce fut le cas pour les ouvriers des fabriques des premiers temps de la révolution industrielle) faire cause commune et commencer à forger, sur la base de leur propre expérience, une conscience du fonctionnement du capitalisme et de ce qu’il est collectivement possible de faire.

Dans ce cas, la tâche de celles et ceux qui sont instruit-e-s, exclu-e-s et en colère est d’amplifier les voix subalternes et de faire connaître les conditions d’exploitation et de répression, ainsi que les réponses pouvant être porteuses d’un programme anticapitaliste.

 

Le cinquième épicentre de transformation sociale se situe dans les mouvements d’émancipation consacrés aux questions d’identité – femmes, enfants, homosexuels, minorités raciales, ethniques et religieuses, demandent toutes et tous une même place au soleil – et dans tout l’éventail des mouvements environnementaux qui ne sont pas explicitement anticapitalistes. Les mouvements revendiquant l’émancipation sur chacune de ces questions sont inégalement distribués géographiquement et sont souvent divisés géographiquement en termes de besoins et d’aspiration. Mais les conférences globales sur les droits des femmes tentent de trouver un terrain commun, comme c’est également le cas avec les conférences sur l’environnement, et il ne fait pas de doute que les rapports sociaux changent avec toutes ces dimensions, au moins dans certaines parties du monde.

Cependant, lorsque leurs problématiques sont formulées en termes essentialistes, ces mouvements peuvent apparaître incompatibles avec la lutte des classes. Le capitalisme tel qu’il existe aujourd’hui peut, en principe, survivre sans ces formes de discrimination et d’oppression, bien que sa capacité politique à survivre ait vocation à être sévèrement restreinte, voire, pourrait ne pas survivre, face à une force de classe plus unifiée.

Ces cinq grandes tendances ne sont pas mutuellement exclusives et ne recouvrent pas la totalité des modes organisationnels de l’action politique. Certaines organisations associent ces cinq tendances avec habileté. Mais il reste beaucoup à faire pour rassembler ces diverses tendances autour de la question sous-jacente : le monde peut-il changer matériellement, socialement, mentalement et politiquement, en vue de mettre un terme non seulement à l’état désastreux des rapports sociaux et environnementaux si répandus dans le monde, mais également à la perpétuation indéfinie de l’accumulation capitaliste ? C’est la question sur laquelle toutes celles et ceux qui connaissent la colère et l’aliénation doivent insister encore et encore, tout en apprenant de celles et ceux qui sont exposés à l’expérience directe de la souffrance et qui font preuve d’un si grand savoir-faire en matière d’organisation des résistances aux terribles conséquences vécues, sur le terrain, de l’accumulation capitaliste.

Source :

extrait de l’intervention prononcée par David Harvey au Forum social mondial 2010 de Porto Alegre.

extrait du texte paru en français dans le n° 7 de la revue ContreTemps
3è trimestre 2011 et disponible via : http://www.contretemps.eu/auteurs/david-harvey